25 novembre 2008

Introduction à la Santería

Origines

La Santería est un syncrétisme étonnant entre les croyances et pratiques animistes, les rituels africains et le catholicisme, pratiqué dans les Caraïbes par les descendants des esclaves issus du peuple Yoruba en Afrique Noire (Nigeria, Bénin).

Plus précisément, la Santería est née de l’union des neufs principaux dieux de la secte Abakuá du groupe ethnique Yoruba et de neufs saints chrétiens réputés avoir les mêmes attributs.

Le "Saint Culte" ou Santería, observée par 75% des cubains, est la plus répandue des religions afro-cubaines, aussi connue sous le nom de "Regla de Ochoa". Elle a considérablement augmenté son influence, gagnant progressivement les communautés Blanches.

Attention à ne pas confondre la Santería avec le Vaudou (Haïti), le Candomblé et le Macumba (Brésil). Il est intéressant de signaler que dans les Caraïbes, il n'y a aucune contradiction à être bon catholique et adepte de la Santería en même temps.

Panthéon

La Santería repose sur le culte d'un Dieu unique Obatalá, source de l'ashé - l'énergie spirituelle de l'Univers - qui a envoyé sur Terre des émissaires, demi-dieux humains, appelés Orishás qui sont la personnification de la Nature.

Les Orishás, en outre, veillent à ce que chaque mortel accomplisse le destin qui lui a été affecté à sa naissance. Ceux qui ne l'accomplissent pas suivent le cycle des réincarnations successives. Cette croyance est semblable à celle l'hindouisme et du bouddhisme.

Les Yorubas étaient polythéistes, et chacun de leurs dieux incarne une force de la nature et un trait du caractère humain. À l'origine, leur panthéon comptait plus de deux cents dieux, mais moins d'une vingtaine ont été conservés de nos jours. Selon la religion des Yorubas, chaque personne possède son propre Orisha, qui agit en tant qu'ange gardien. Ainsi, les pratiquants se font baptiser, après quoi ils peuvent invoquer leur Orisha afin de demander conseil ou afin de réclamer des faveurs (amour, argent, santé...).

Les Orishas.

Chaque Orisha (ou Orixás) à ses attributs, ses fonctions, ses couleurs. Les rituels diffèrent, (toqués, aspersions, fumigations, libations, transes, sacrifices, pratiques divinatoires, etc.) mais ils perpétuent la tradition africaine. Les Orishas (qui se prononce Orichas) sont des Saints, des esprits ou des divinités appelés à descendre dans le corps des fidèles pendant les cérémonies.

Obatalá
Divinité suprême, c’est le Roi au pagne blanc, le père de tous les Orixás. Il représente la création, l’harmonie et la paix.
Assimilé à : Jésus-Christ.
Autre nom : Oxalá.
Couleur : Blanc.

Ochún
Déesse des eaux douces, de l'amour, de la féminité et de la beauté. Maîtresse de Changó et femme d'Orula.
Assimilé à : La Vierge.
Couleurs : Jaune & or.
Autre nom : Oshoum.

Shangô
Maître de la foudre, du tonnerre, des éclairs, de la guerre et des tambours. Divinité du feu, de la musique et de la danse.
Assimilé à : Saint Jérôme, Sainte Barbe ou encore Zeus.
Autres noms : Xangô / Changò.
Couleurs : Rouge & Blanc.

Yémaya
Epouse d'Obatalà. Déesse de la mer, c’est la mère universelle; qui règne sur les eaux salées et la Maternité. Elle est très vénérée, puisqu'elle symbolise la vie. C'est aussi la protectrice des pêcheurs.
Couleur: bleu.
Autre nom : Yemanjá.

Orula
Epoux d'Ochún, ce cocu bienheureux est l'un des Orishas les plus demandés et estimés de la Santería. Il est celui qui prédit l'avenir, que l'on consulte avant d'entreprendre quelque chose.
Autre nom : Chando.

Ogun
Un des Orishas les plus populaires. Dieu du fer, de la sagesse et des montagnes, il est le maître des métaux.
Assimilé à : St Pierre, St Jean-Baptiste ou St Paul.
Couleurs : Violet, Vert & Noir.

Oddua
Dieu des morts et des esprits. Il est invoqué pour ressusciter les moribonds.

Obba
Déesse du vent et des lacs. Ex-femme de Changò, elle symbolise la fidélité conjugale.
Autres noms : Oya / Yansà.
Assimilié à : Sainte Thérèse.
Couleurs : Marron & Blanc.

Eleggua
Personnifiant le destin, c'est le Dieu qui garde les accès des routes et des carrefours, le Maître des chemins et le Messager d'Olofi (Esprit Saint). Chaque cérémonie commence par une offrande à Eleggua.
Autre nom : Elegba.
Assimilé à : Saint Antoine.
Couleurs : Rouge & Noir.

Omulu
Divinité de la petite vérole et des maladies, on lui donne du pop-corn en offrande.
Assimilé à : St Lazare.
Autres noms : Obalua / Chopono / Babalu Ayé.
Couleurs : Blanc & Bleu.

Oxossi
Dieu de la chasse et de la médecine, il est le Protecteur de la forêt.
Assimilé à : Saint Georges ou Saint Norbert.
Autres noms : Oshossi / Ochosi.
Couleurs : Vert & Noir.

Exú
Messager des autres Orixás. Il est toujours appelé le premier dans toute cérémonie. Assimilé au diable dans le syncrétisme, il est parfois considéré comme ange gardien, il protége le lieu de culte contre d'éventuelles visites de la police.

Communication avec les Orishas.

Par l'intermédiaire des Babalaos (prêtres), il est possible de communiquer avec les Orishas par des offrandes, des sacrifices, des divinations, des prières, des chants, des transes et par la possession. Ils aident leurs adeptes à mener une vie meilleure matériellement et spirituellement.

Lorsqu'on désire communiquer avec son Orisha, on fait appel à un Babalao. Celui-ci communique avec les dieux à l'aide de coquillage. La communication avec les dieux peut aussi se faire par la musique et la danse, alors le tambour utilisé lors de la cérémonie sert de médium entre l'univers des dieux et l'univers humain. Lors de cette cérémonie, il peut arriver qu'une personne tombe dans une sorte de transe.

Chaque orishas est invoqué avec ses rythmes propres joués avec les bata, tambours sacrés utilisés par groupes de trois : l'iya improvisant, l'itotele et l'okonkolo assurant le contrepoint.

Le "Bembe" est la musique qui célèbre les Orishas. Les prêtres sont autorisés à effectuer des sacrifices d'animaux en hommage aux saints et invoquer l'esprit des ancêtres (Eggun). Ils prédisent l'avenir en jetant des coquilles d'escargots comme des dés.

Autres Informations

Les Santéros
On reconnaît aisément les pratiquants de la Santéria, appelés les "Santéros" [Femme : Santéra / Homme : Santéro], à leurs habits blancs et à leurs colliers de couleurs ayant chacun une signification très précise (la paix, le chemin, la mort,etc.).

Les pratiquants de la Santéria se réunissent dans des lieux extérieurs aux villes afin de pratiquer leurs religion, langue et danses en toute liberté.

À Cuba, on appelle "Lucumí" ou "Nagos" les Yoruba. Vient de l'ancien terme Ulkumy (XVIIe siècle).

Les Filles de Saint
Une Fille de Saint est celle qui, au cours d’une cérémonie, à "reçu" l’Orisha (possession et/ou transe).
Il existe divers degrés de responsabilité dans la Santería, dont le plus haut est celui de Mère de Saint. Viennent ensuite les Lakekera (qui sont les assistantes de la Mère de Saint), les Ebomim (Filles de Saint possédant une certaine ancienneté), les Filles de Saint et enfin l’Ekedé qui sont les fidèles qui assistent une Fille de Saint lorsqu'elle est possédée et entre en transe.

Les Fils de Saint et les Pères de Saint sont relativement moins nombreux que les Mères et Filles de Saint.

La Santería et le Vaudou : même combat ?

On tombe souvent sur des articles de presse ou des sites qui traite la Santería de "vaudou cubain".
Ce qui est une grossière erreur puisque le vaudou n'est pas d'origine lucumí.

Dans les Antilles, la Santería, c'est Cuba, le Vaudou, c'est Haïti. Les origines africaines de l'une (ethnie Yoruba) et celles de l'autre (ethnie Fon) sont différentes, de même que sont différents : les instruments, les rythmes, les langues utilisées, les rituels, les objets de cultes, etc.

S'il est vrai que les principales divinités du Vaudou (vodû) appartiennent au panthéon des Fon et à celui des Yoruba, s'il est vrai aussi que Vaudou et Santería ont -aux Antilles- subi l'influence de la religion catholique, s'il est vrai enfin qu'à Cuba résident encore quelques vaudouïsants d'origine haïtienne, c'est stupidement multiplier les erreurs que de dire et répéter : "La Santería, c'est le Vaudou cubain."

Qui plus est, le fait que dans l'Afrique d'aujourd'hui, les Fon (Bénin) et les Yoruba (Nigeria) continuent de pratiquer des religions originales devrait interdire toute confusion.

Comme l'écrivit Alfred Métraux : "Le vaudou n'est pas un amalgame de représentations mystiques et de pratiques empruntées à toutes les régions de l'Afrique Noire." (Le Vaudou Haïtien. 1958. Paris : Gallimard)


Article original : Alliance Magique, avril 2006

Sources : Orishas & Santería & Santería & Religion & La Santería & Dictionnaire & Q&A 

Mes articles et traductions sont souvent le fruit de longues heures de travail. Si vous souhaitez les utiliser, je n’y vois pas d’inconvénients mais merci de préciser la source sur votre blog/site/forum. Certains textes sont d’ailleurs protégés par le copyright de l’Alliance Magique.

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Posté par Kalaxa à 12:14 - - Commentaires [0] - Permalien [#]


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